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Les questions de la semaine
Bonjour!
Je suis végétarienne et je possède chez moi un livre de recettes écrit par une auteure qui n'est pas diététiste. Les recettes sont excellentes, mais je me questionne sur la valeur de certains arguments en faveur du végétarisme. Un certain tableau comparatif suggère que le corps humain est plus ou moins adapté à la consommation de viande (dentition peu tranchante, acide stomacal 20 fois moins fort que celui des carnivores, intestin mesurant 12 fois la longueur du corps, comparativement à 3 fois pour le carnivore - ce qui permet à la viande qui se putréfie rapidement de s'évacuer sans délai, etc.). Étant soucieuse de connaître la vérité, je voudrais savoir s'il existe des études sérieuses sur le sujet.
Merci de m'aider à démystifier le tout!
Annie
Je suis depuis peu lacto-ovo-végétarien. J'essaie tant bien que mal d'équilibrer mon régime alimentaire et je crois que j'y arrive assez bien. Cependant, j'ai l'impression que depuis ce changement alimentaire majeur, mon corps est un peu plus faible, à savoir qu'il y a apparition de boutons dans le visage et peut-être une force musculaire moins grande. Pour ce qui est de l'énergie, ça va très bien: je me sens plus alerte que jamais. Peut-être que ceci n'est pas lié à mon nouveau régime, j'apprécierais que vous m'éclairiez sur le sujet.
Martin L'Écuyer, 21 ans.
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Bonjour!
Je veux entreprendre un régime selon lequel on doit manger trois bananes dans une journée en plus des légumes, et 1 litre de lait écrémé, pour nous enlever le goût du sucre. Quand pensez-vous?
Michèle
Bonjour,
J'ai 30 ans et je suis diabétique depuis 4 ans. Depuis 2 1/2 ans, je prend de l'insuline. J'ai engraissé de plus de 30 lb depuis ce moment. Depuis environ 6 mois, je suis un plan alimentaire recommandé par une diététiste et je fais de l'exercice 4-5 fois par semaine (aérobie principalement). Et je n'ai réussi qu'à perdre 5 lb! Si je fais le moindre écart, je reprends tout et je ne le perds qu'au moyen de jeûnes intensifs. Pourquoi est-ce si difficile de perdre du poids? Est-ce même possible et comment? Merci!
Sophie St-Pierre
Le lacto-ovo-végétarisme, un régime miracle et la perte de poids chez le diabétique insulino-dépendant
Mme Annie, les arguments qu'amènent l'auteure du livre afin de prouver que l'homme doit être végétarien ou n'est pas conçu pour consommer de la viande sont fortement discutables. Il faut mentionner que l'acide gastrique de l'être humain est extrêmement acide et largement suffisant pour notre alimentation omnivore, que notre dentition est assez tranchante pour mastiquer de la viande et également conçue pour la consommation de végétaux. Quant à la longueur des intestins, tout est relatif en fonction des rôles que chaque partie de l'intestin possède et c'est faux de croire que la viande «se putréfie» dans l'intestin, terme qui est à forte tendance péjorative. Il faudrait plutôt utiliser le terme «digérer», action qui consiste en une décomposition de la viande en nutriments essentiels où l'absorption de ces nutriments se fera grâce aux intestins.
Omnivore de nature
L'homme a toujours suivi et suit toujours une alimentation omnivore, puisque c'est un besoin purement physiologique. Plusieurs études (dans le domaine de la nutrition sportive) montrent qu'en créant un déficit en protéines, les sujets vont préférablement, et de manière instinctive, ingérer des protéines d'origines animales (fromage, viande), plutôt que des légumes et des légumineuses. De plus, physiologiquement, il est extrêmement difficile de rencontrer ses besoins en acides aminés essentiels, en fer et en de nombreuses vitamines et minéraux lorsque l'on est végétarien strict. Même en adoptant une alimentation lacto-ovo-végétarienne (le végétarisme le plus sûr), la carence en fer guette sérieusement les femmes, puisque le fer contenu dans la viande est infiniment plus abondant et plus facilement absorbable que celui retrouvé dans les végétaux.
Des avantages certains
Cela étant dit, une alimentation végétarienne qui met l'accent sur une consommation accrue des fruits et des légumes ainsi que des produits céréaliers tout en ne négligeant pas de trouver les acides aminés dans le lait et les oeufs (lacto-ovo-végétarien) comporte des avantages indéniables sur la santé comparativement à l'alimentation nord-américaine où la viande est omniprésente. Les végétariens en général font moins d'embonpoint, ont moins de cancer et moins de maladies cardiovasculaires que les gens ayant une alimentation omnivore. Toutefois, il est tout à fait possible pour les omnivores d'avoir le même «bilan de santé» que les végétariens avertis en respectant les portions de viande du
Guide alimentaire canadien pour manger sainement
et en choisissant des coupes maigres. Le Guide alimentaire canadien met l'accent sur la consommation des fruits et des légumes ainsi que sur les produits céréaliers, ce qui est identique à une alimentation végétarienne, sauf que les produits laitiers ainsi que la viande y sont ajoutés, afin de combler les besoins en certains nutriments essentiels. Le végétarisme et l'alimentation omnivore sont tous les deux sains à condition de bien connaître l'alimentation que l'on adopte.
Lacto-ovo-végétarisme et acné
Monsieur L'Écuyer, l'alimentation lacto-ovo-végétarienne que vous suivez présentement n'est pas responsable de l'apparition de boutons. Le stress ainsi qu'une mauvaise hydratation peuvent être responsables de ce problème d'acné. Assurez-vous de boire beaucoup d'eau dans la journée et de nettoyer votre visage avec du savon pour le visage avant de vous coucher. Quant à la perte de la force musculaire, il est possible que cela soit simplement dû à une croyance que le fait d'arrêter de manger de la viande entraîne une fonte musculaire et une perte de la force... Si vous équilibrez bien votre alimentation en consommant des produis laitiers et des oeufs, vous devriez avoir toutes les protéines nécessaires à vos muscles. Quant à la sensation d'énergie et de légèreté que vous éprouvez, beaucoup de nouveaux végétariens ressentent ce regain d'énergie également.
Un régime miracle?
Le type de régime qu'on vous a demandé de suivre, Michèle. est déséquilibré et favorisera une perte de poids qui ne sera que temporaire. Les aliments qu'on vous a indiqué de consommer entraînent un effet de satiété rapidement. Autrement dit, ces aliments vous couperont la faim, puisque les bananes sont concentrées en énergie et que les légumes sont riches en fibres menant à un effet de satiété rapide. Je vous conseillerais plutôt de consulter un(e) diététiste / nutritionniste qui adaptera votre alimentation selon vos préférences alimentaires et vous aidera à atteindre vos objectifs à court et à long terme.
La perte de poids chez le diabétique insulino-dépendant
Madame St-Pierre, votre corps s'est habitué à ne pas emmagasiner de gras et à ne transformer que peu de sucre en gras puisque vous produisez peu d'insuline ou que vous êtes devenue résistante à l'insuline. Par conséquent, l'ajout exogène de l'insuline, il y a deux ans et demi, a sensibilisé extrêmement rapidement vos cellules qui laissent désormais entrer le glucose et le transforme en gras, si les calories consommées ne sont pas utilisées, d'où le gain de 20 lb.
Il faut une certaine période de temps à votre corps pour s'habituer. Toutefois, adopter une alimentation adéquate et pratiquer des activités cardiovasculaires comme vous le faites présentement vous conduira à plus ou moins long terme à une perte de poids. Cela demandera cependant de la patience de votre part. Il est vrai qu'une perte de 5 lb en 6 mois n'est pas énorme mais c'est mieux que rien! Demandez à votre diététiste / nutritionniste s'il y a possibilité de réajuster votre alimentation. Quant à votre entraînement, essayez d'augmenter graduellement l'intensité ainsi que la durée de l'exercice. Il est plus rentable de faire 20 minutes d'exercice à haute intensité plutôt qu'une heure à faible intensité... Quant au jeûne intensif, évitez le autant que possible. Cela ne rendra que plus ardu votre perte de poids à long terme.
Par: Stéphane Roy, nutritionniste, M.Sc.
Références:
Ordre professionnel des diététistes du Québec,
Manuel de nutrition clinique,
Végétarisme, chap. 3.2, 2e éd., Montréal, 1991.
Ordre professionnel des diététistes du Québec,
Manuel de nutrition clinique, Diabète
sucré, chap. 6.5, 3e éd., Montréal, 1997.
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