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Vieilles idées sur le jeûne
par Martine Gaudreault, Dt.P. (Extrait du livre J'ai le goût de la santé : nutrition et équilibre)Jeûner pour perdre du poids, cela semble logique. Si l'on engraisse en mangeant trop, forcément, en ne mangeant pas, on doit maigrir. Certains jeûnent en croyant «purifier» leur organisme, d'autres y voient le moyen de vivre une expérience spirituelle. Selon de nombreuses études, cette pratique comporte des dangers qu'il ne faut pas sous-estimer.
L'organisme puise dans l'alimentation l'énergie dont il a besoin. Ainsi, dès qu'il y a déficit entre l'apport alimentaire et la dépense d'énergie, nous perdons du poids. Lors d'un régime amaigrissant bien structuré, le déficit énergétique est comblé par nos réserves de graisses. En revanche, au cours des tout premiers jours d'un jeûne, malgré d'énormes réserves, l'organisme ne parvient pas à mobiliser sa graisse. Pour survivre, il fait appel aux réserves de sucres des muscles et du foie la première journée, puis à ses stocks de protéines.
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Une perte de poids trompeuse
Après quelques jours, la faim disparaît. Au cours des dix premiers jours, la perte quotidienne de poids peut atteindre près d'un kilo. Spectaculaire, n'est-ce pas? Toutefois, une très faible proportion de ce poids est constitué de gras. En se dégradant, les muscles libèrent trois fois leur poids en eau. La perte de poids initiale est composée de protéines, et surtout d'eau. On peut même perdre jusqu'à 100 g de protéines (la grosseur d'un petit steak) par jour et il est particulièrement difficile de refaire ses réserves par la suite. Rappelons qu'une grande quantité de ces protéines sert à alimenter le cerveau.
Heureusement, au cours d'un jeûne prolongé, le corps brûle progressivement moins de protéines et plus de gras. Le cerveau parvient même à utiliser avec une certaine efficacité un sous-produit de la combustion des gras : les corps cétoniques.
1- Jeûne: une perte de poids
trompeuse
2- Jeûne: des conséquences graves
3- Jeûne: une purification illusoire
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