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L'obésité, un poids pour les jeunes par Denis Harvey, Dt.P. et Danielle Lévesque, Dt.P. (Extrait du livre J'ai le goût de la santé : nutrition et équilibre)
Au contraire de ce que l'on pourrait croire, les mauvaises habitudes alimentaires ne seraient pas l'unique cause de l'augmentation du nombre de cas d'obésité infantile. Au début de l'adolescence, les jeunes ont tendance à délaisser l'exercice et à consacrer de plus en plus de temps à la télévision, à l'ordinateur et aux jeux Nintendo... En outre, les jeunes téléspectateurs québécois sont rivés de 25 à 26 heures par semaine au petit écran. Un enfant nord-américain sur quatre est obèse. Que peut-on faire?
Une étude sur le sujet permet de dire que plus on passe de temps devant la télé, plus on risque de devenir obèse. L'exercice physique est l'une des meilleures solutions au problème! Les adultes devraient inciter les jeunes à bouger et à pratiquer les sports qu'ils aiment. Autant que possible, ils devraient même s'y adonner avec eux. Aussi, il serait bon de prévoir, une ou deux fois par semaine, des moments libres pour aller marcher, nager ou faire de la bicyclette en famille. Ensuite viennent les modifications aux habitudes alimentaires.
Pratiquée régulièrement, l'activité physique favorise la croissance, facilite le développement du squelette et améliore le rendement scolaire. L'obésité, par contre, prédispose à l'hypertension, à certaines maladies respiratoires, au diabète et à divers troubles orthopédiques. Elle peut aussi être la cause de difficultés sociales, émotionnelles et psychologiques.
Par ailleurs, on a remarqué que plus un enfant est obèse longtemps, plus il risque de le devenir à l'âge adulte, et ce, de façon quasi irrémédiable. Encourageons donc nos jeunes à troquer quelques heures de télé et de jeux vidéo contre une partie de tennis ou de randonnée à bicyclette.
Un problème d'estime de soi
Tous les enfants sans exception méritent d'être aimés et respectés, peu importe leur poids et leur taille. Ils ont tous le droit de se sentir bien dans leur peau. Or, dans une société obsédée par la minceur, cela peut représenter un défi de taille quand on est jeune et obèse.
Pour les jeunes qui cherchent à obtenir des résultats rapides à leur problème d'embonpoint, les cures d'amaigrissement offrent souvent un attrait irrésistible. Il va sans dire qu'en raison de ses besoins énergétiques particulièrement élevés, aucun enfant (sauf cas extrêmes) ne devrait être soumis à des restrictions alimentaires. Ces dernières nuisent à l'apprentissage, à la concentration et à la réussite scolaire.
À cela viennent se greffer les problèmes du ralentissement de la croissance et la prédisposition à l'anorexie nerveuse et à la boulimie. Certains adolescents s'imposent eux-mêmes des privations qui les mènent à des carences nutritionnelles et à l'échec. Ils sautent des repas ou rayent sans discernement de leur menu des aliments essentiels à leur croissance.
Des chiffres étourdissants
Une étude scientifique révèle que 80 % des adolescents qui optent pour les régimes miracles qu'ils voient annoncés dans les journaux ou à la télé souffrent de constipation, de nervosité, d'étourdissements, de maux de tête, d'évanouissements ou d'un manque de concentration sans pour autant atteindre leur but.
Une étude récente menée aux États-Unis auprès d'enfants de troisième et de sixième années du primaire a révélé que 45 % souhaitaient être plus minces et que 37 % avaient déjà essayé de perdre du poids, tandis que 7 % se considéraient anorexiques et 1,3 % admettaient se faire vomir pour contrôler leur poids. Des statistiques à faire peur!
Au vu de tels résultats, des spécialistes ont réévalué le problème et proposent désormais une toute nouvelle approche qui mise avant tout sur la valorisation personnelle et l'estime de soi. Elle préconise un amalgame de saines habitudes alimentaires et d'activités physiques. Mais elle bannit l'exercice ainsi que les actions et attitudes à caractère positif imposées dans le seul but de perdre du poids.
La priorité à la croissance
Les jeunes, comme tout organisme en pleine croissance, ont besoin de carburant. Et c'est une saine alimentation qui leur fournira le meilleur. Il est donc important de comprendre que perdre du poids n'a pas du tout la même signification chez un enfant ou un adolescent que chez un adulte. Par exemple, il suffit qu'un enfant grandisse de trois centimètres pour qu'il perde automatiquement deux ou trois kilos. En fait, c'est pourquoi son plan alimentaire doit être judicieusement conçu en vue de lui permettre de se débarrasser de son poids superflu sans risque de nuire à la croissance ou à ses besoins en énergie.
Les diététistes/nutritionnistes qui élaborent des plans alimentaires pour les jeunes prennent en considération plusieurs facteurs, dont leurs goûts, leurs horaires et leurs habitudes. Il ne s'agit pas de se priver. La situation doit être cernée dans son ensemble par des spécialistes, avec l'entière collaboration des parents.
Il va sans dire que lorsqu'un jeune est suivi, toute la famille est sensibilisée à la question. Tous mangent les mêmes aliments mais les portions varient. Il faut encourager le jeune à se servir différemment. On peut, par exemple, acheter des yogourts individuels plutôt qu'un gros gâteau. Surveiller l'alimentation d'un enfant à la maison, c'est l'occasion rêvée d'adopter soi-même de nouvelles habitudes alimentaires.
Un entourage positif
Il n'y a ni bons ni mauvais aliments. Il y a seulement des aliments que l'on peut consommer plus ou moins souvent. Sous aucun prétexte, les aliments ne doivent servir à récompenser ou à punir, car l'enfant pourrait avoir tendance à confondre le sentiment de réconfort que lui procure la nourriture avec le véritable besoin de satisfaire sa faim. Il doit apprendre à identifier clairement la faim afin de mieux la maîtriser. Ce à quoi il parviendra, au moment de la collation notamment, en faisant de bons choix.
Les enfants aiment manger souvent. Ainsi, ils mangent moins et plus lentement au repas suivant. Il n'est donc pas question d'annuler les collations d'un enfant qui a des problèmes de poids. Il faut simplement l'encourager à opter pour des fruits ou un verre de lait plutôt que pour une tablette de chocolat. Par ailleurs, un enfant ne doit jamais se sentir privé ni, surtout, différent des autres. À l'occasion d'un anniversaire, il aura droit à sa part de gâteau comme tout le monde. Sinon, frustré, il risque d'en manger en cachette.
Un défi permanent
Faire adopter une saine alimentation à un enfant n'est pas chose facile. Chacun doit y mettre du sien. La tâche sera cependant plus aisée si les repas se déroulent dans une atmosphère détendue. Parents et enfants peuvent profiter de ce temps d'arrêt pour converser. On évite les discussions trop animées et les tensions inutiles à tout prix. On souligne les efforts de l'enfant; on l'encourage et, à l'occasion, on ferme les yeux s'il déroge à ses bonnes habitudes. Être attentif à la saine alimentation d'un enfant est l'affaire de toute la famille. Chacun sait pertinemment que le jeune a tout à y gagner. Lui, le premier.
Les professionnels sont convaincus que les adultes entourant un enfant obèse peuvent contribuer à son bien-être. D'abord, en réévaluant leurs propres préjugés; puis, en encourageant le jeune à accepter ses caractéristiques physiques; et enfin, en l'aidant à développer ses aptitudes et ses talents personnels. Ces quelques conseils peuvent être efficaces dans la majorité des cas, mais il ne faut pas oublier que certains enfants ne pourront jamais surmonter leur embonpoint, en raison de facteurs génétiques, environnementaux ou comportementaux. Cela dit, plus tôt ils modifieront leurs habitudes de vie, plus fortes seront leurs chances de réussite. N'est-ce pas aujourd'hui que demain se bâtit?
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