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Semaine du 6 mai 2002
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Défis de femme

par Monique Ducharme, Dt.P. (Extrait du livreJ'ai le goût de la santé, nutrition et équilibre)

De tout temps, la femme a manifesté un intérêt particulier pour l'alimentation. Son rôle physiologique et sa responsabilité traditionnelle de nourrice peuvent l'expliquer en partie. Les difficultés et les normes auxquelles notre époque la soumet la détournent parfois du souci de bien manger.

Aujourd'hui, la situation socio-économique des femmes et le contexte culturel ne favorisent pas leur qualité de vie, ce qui n'est pas sans conséquence sur leur santé.
Du point de vue économique, bien que les femmes constituent 51 % de la population, elles représentent 57 % des personnes vivant sous le seuil de la pauvreté. En outre, une famille canadienne défavorisée sur trois est une famille monoparentale dirigée par la mère. Encore en 1991, les femmes ne gagnaient en moyenne que 0,62 $ pour chaque dollar gagné par un homme. De plus, 73 % des aînés à faible revenu sont de sexe féminin. Or, on sait que pauvreté et saine alimentation ne font pas bon ménage, la nourriture étant souvent l'un des seuls éléments compressibles du budget.

Une pression constante
Sur le plan culturel, on a vite fait de constater que l'influence de la mode et l'obsession de la minceur poussent les femmes, et ce, de plus en plus jeunes, à s'imposer des régimes draconiens. Selon une enquête menée au début des années 90 par Santé Québec, 3 Québécoises sur 4 souhaitaient perdre du poids, 81 % de celles qui avaient un poids normal se trouvaient trop grosses et 25 % de celles qui étaient sous leur poids-santé désiraient maigrir davantage.
Comme il a été démontré que 90 à 98 % des personnes qui suivent un régime amaigrissant reprennent leur poids initial et accumulent même fréquemment des kilos en plus, on comprend facilement les frustrations que plusieurs femmes subissent. Frustrations et régimes à répétition peuvent facilement en mener certaines à des problèmes d'obésité.

Un manque d'activités
Le mode de vie des femmes influence également leur état de santé. Pour la plupart, elles sont physiquement moins actives que les hommes. Le tiers d'entre elles affirment ne faire de l'exercice que très rarement, voire jamais. En outre, elles sont nombreuses à fumer. On note d'ailleurs que de plus en plus d'adolescentes adoptent la cigarette. Et malheureusement, la crainte d'engraisser en empêchera plusieurs à abandonner cette mauvaise habitude.
Toutes ces situations ne sont évidemment pas étrangères aux problèmes de santé des femmes. Les maladies cardiovasculaires, par exemple, qui représentent la première cause de décès chez les femmes comme chez les hommes, sont des conséquences notoires de l'usage du tabac, de la sédentarité, de l'obésité et d'une mauvaise alimentation. Le tabagisme et les habitudes de vie figurent également parmi les facteurs qui augmentent les risques de souffrir d'un cancer, deuxième cause de mortalité chez les deux sexes. On estime, rappelons-le, que 35 % des cancers pourraient être évités grâce à une alimentation appropriée.
l'ostéoporose, mal dont souffre une femme sur quatre après la ménopause, atteindra davantage celles qui auront vécu des restrictions alimentaires. Quoi qu'il en soit, l'exercice figure parmi les meilleures stratégies de prévention de cette maladie en favorisant une meilleure utilisation du calcium alimentaire. Par ailleurs, pendant leurs règles, au cours d'une grossesse ou après un accouchement, les femmes doivent veiller à maintenir leurs réserves en fer à un niveau convenable en choisissant des aliments riches en fer.

Des solutions simples
Afin de permettre aux femmes de s'épanouir en santé, il est essentiel de les sensibiliser à leur vulnérabilité dès l'adolescence et de leur présenter des solutions simples à leur portée. Elles doivent comprendre que c'est tout bonnement en prenant plaisir à bien manger et en demeurant actives qu'elles arriveront à relever ce défi. Nul besoin de calculer calories ni milligrammes de calcium, de fer ou de vitamines pour maintenir son poids-santé, si l'on adopte de bonnes habitudes. À ce propos, les associations féminines ont tout intérêt à se prévaloir de l'expertise des diététistes et à organiser des rencontres sur le sujet. Il leur suffit de communiquer avec le CLSC de leur région. Pour modifier durablement ses habitudes, l'important, c'est de tenir le coup et de se fixer des objectifs à court terme qui, réalistes et progressifs, aboutiront à des résultats satisfaisants faisant de nous des femmes bien dans leur peau.

opdq 
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