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Semaine du 30 novembre 2007
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Le célibataire heureux a accepté le fait de vivre seul (1re partie)
Le célibataire heureux a accepté le fait de vivre seul (1re partie)

La majorité des gens trouve plus difficile de vivre seul qu'en couple. L'on sait, par exemple, que le taux de suicide est plus élevé chez les personnes vivant seules et que les gens mariés vivent plus longtemps et, généralement, plus heureux. La solitude fait tellement peur que nombreux sont ceux et celles qui préfèrent poursuivre une relation insatisfaisante plutôt que de quitter leur partenaire. Pourtant, vivre seul n'est ni bien, ni mal; c'est seulement une situation précise, tout comme la vie à deux. De même qu'avoir un partenaire n'est pas nécessairement une garantie de bonheur, être célibataire n'est pas non plus une situation désastreuse. Le bonheur n'a rien à voir avec le statut civil.

Nous croyons à tort que, sans partenaire, nous ne sommes pas des personnes à part entière et que notre bonheur dépend d'un être unique et spécial. C'est pourquoi nous partons à la recherche de l'âme sœur (appellation moderne du prince charmant ou de la princesse charmante). L'âme sœur est à la fois une illusion et un signe de dépendance affective.

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Actuellement, une personne sur trois vit seule au Québec. Il existe deux types de célibataires : ceux qui choisissent de vivre seul et ceux qui subissent leur état de célibat. Les célibataires involontaires sont souvent des jeunes gens de 15 à 25 ans qui n'ont pas encore trouvé de partenaire, des divorcés ou des veufs. Mais de plus en plus de personnes choisissent de vivre seules par choix, pour des raisons professionnelles ou pour profiter de leur solitude afin de faire un bilan ou un cheminement personnel. D'autres personnes ne comprennent pas pourquoi on voudrait limiter sa liberté en partageant sa vie avec quelqu'un.

Quoique plus facilement acceptées socialement, les personnes qui vivent seules sont encore l'objet de certains préjugés : des personnes qui ne «pognent» pas; des personnes qui ont mauvais caractère; des homosexuels qui se cachent; un danger pour les couples mariés; des « courailleux » de 5 à 7; des éternels adolescents qui ont peur de s'engager... Ces préjugés se manifestent souvent par la tendance de leur entourage à vouloir les «matcher».

«Être heureux, c'est accorder de la valeur à tout ce que l'on possède»

Milton Erickson

D'après la psychologue Vera Peiffer1 , «on reconnaît une personne seule vraiment heureuse à son absence de fanatisme. Elle n'essaie pas de vous persuader que le célibat est le seul mode de vie acceptable ni que le salut ne réside que dans la vie à deux. Elle apprécie la vie de tout cœur mais garde l'esprit ouvert à la possibilité d'une relation future (...). Elle voit consciemment les avantages du célibat pendant qu'elle est seule tout comme elle discernera les avantages d'une relation de couple quand elle en vivra une».

Les pièges du célibat
Pour éviter que le célibat ne devienne source de malheur, la personne vivant seule doit être consciente des pièges qui la guettent. La solitude constitue le premier et principal danger, car celle-ci risque de se transformer en isolement. D'où la nécessité pour le célibataire d'avoir une vie active remplie d'activités ( sociales, sportives, culturelles...) épanouissantes et de développer des amitiés intimes, durables et asexuées, des deux sexes. La solitude doit devenir le moment privilégié pour réaliser des projets personnels.

Certains célibataires n'éprouvent aucun désir sexuel lorsqu'ils vivent seuls ou mettent carrément leur sexualité de côté. De plus en plus d'études2 démontrent que l'absence totale d'activité sexuelle sur une longue période atrophie la fonction et rend difficile la reprise de la sexualité. Heureusement, la majorité des gens continuent d'exercer leur fonction sexuelle en utilisant soit la masturbation, soit les rencontres fortuites et sporadiques (one night stand), soit encore en entretenant un ou plusieurs partenaires avec qui ils échangent des services d'ordre sexuel. Certains font appel aux services de « professionnel(le)s » du sexe. Ce type de sexualité n'est cependant pas sans risques ( MTS ) et, souvent, l'un des deux partenaires devient amoureux de l'autre.


1. Peiffer, V. (1994). Célibataire et heureux. Montréal : Éditions Le Jour.
2. Dallaire, Y. (1999). Pour que le sexe ne meure pas. La sexualité après 40 ans. Québec : Éditions Option Santé.


Yvon Dallaire, M. Ps.

Publié dans Psychologie Québec, vol. 17, no 1, janvier 2000. Reproduit avec l'autorisation de l'Ordre des psychologues du Québec.

À lire aussi:
Le célibataire heureux a accepté le fait de vivre seul (2e partie)
Le célibataire heureux a accepté le fait de vivre seul (3e partie)



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