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Semaine du 10 janvier 2005
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Paludisme (malaria)
  Pour lire les recommandations générales liées aux maladies, cliquez ici.

Le paludisme (malaria) est une maladie grave, récurrente ou chronique, causée par une des quatre espèces d'un parasite du genre Plasmodium. Elle est généralement transmise à l'homme par la piqûre d'un moustique anophèle femelle infecté. Elle peut aussi, mais rarement, être transmise par transfusion sanguine, par partage d'une seringue souillée ou par voie placentaire, de la mère au fœtus. Le paludisme se manifeste par de la fièvre et des symptômes semblables à ceux de la grippe : maux de tête, nausées, vomissements, douleurs musculaires et malaises. Les raideurs (rigidité musculaire spasmodique) et les frissons sont également des manifestations fréquentes. Dans les cas graves, l'infection grave peut provoquer une splénomégalie (augmentation de volume de la rate) et la sensibilité du foie à la palpation. Dans le cas du paludisme cérébral, qui s'attaque au cerveau, les symptômes englobent un changement de personnalité, la confusion, la léthargie et des convulsions.

En l'absence de traitement médical spécifique, les symptômes peuvent durer d'une semaine à un mois, et même davantage, puis, des accès de fièvre et des frissons réapparaîtront pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

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La gravité de la maladie dépend de l'espèce à laquelle appartient le parasite responsable de l'infection. Des quatre espèces qui peuvent provoquer la maladie (Plasmodium falciparum, P. vivax, P. ovale et P. malariae), P. falciparum est celle qui entraîne les problèmes les plus graves. Le paludisme à P. falciparum peut causer des convulsions, le coma, l'insuffisance rénale et l'insuffisance respiratoire, et entraîne parfois la mort.

La transmission du paludisme s'observe dans la plus grande partie de l'Afrique subsaharienne, dans de vastes régions du Moyen-Orient, du Sud et du Sud-Est asiatiques, de l'Océanie, d'Haïti, d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud, ainsi que certaines parties du Mexique, de l'Afrique du Nord et de la République dominicaine.

Conseils généraux à l'intention des voyageurs internationaux qui se rendent dans les régions impaludées
Pour prévenir l'infection, il importe de prendre deux précautions : éviter les piqûres de moustique et prendre un médicament antipaludique.

Précautions individuelles contre les moustiques
Les moustiques anophèles femelles sont actifs principalement le soir et la nuit. Les personnes qui voyagent dans des régions impaludées doivent prendre des précautions contre les moustiques pour réduire les risques de piqûre.

Toute mesure qui restreint l'exposition au moustique anophèle femelle au cours de ses périodes d'activité (soir et nuit) permet de réduire le risque de contracter la maladie. Parmi ces mesures, mentionnons :

- demeurer dans des locaux bien protégés par des moustiquaires ou entièrement fermés et climatisés;

- dormir sous un filet en mousseline;

- porter des vêtements qui limitent la surface de peau exposée;

- enduire les parties du corps exposées d'un insectifuge.

On recommande d'utiliser de l'insectifuge dans les régions impaludées. Les insectifuges contenant du N,N diéthyl-méta-toluamide (DEET) sont les plus efficaces. La concentration de DEET varie d'un produit à l'autre; les produits plus concentrés protègent plus longtemps. Dans de rares cas, l'application d'insectifuge contenant une forte concentration de DEET (supérieure à 35 %) a été suivie de convulsions chez les jeunes enfants. Il faut appliquer les produits contenant du DEET avec modération et uniquement sur les parties du corps exposées; de retour à l'intérieur, laver à l'eau les surfaces enduites. Les produits contenant du DEET à 35 % offrent une protection de 4 à 6 heures et les produits à base de DEET à 95 % protègent 10 à 12 heures, ces derniers ne doivent pas être appliqués aux bébés ni aux enfants. De nouvelles formulations à faible concentration de DEET, qui protègent plus longtemps, sont maintenant vendues au Canada.

On encourage fortement tous les voyageurs qui se rendent dans des régions impaludées à dormir sous un filet de mousseline imprégné de perméthrine, à moins que leur chambre ne soit climatisée, bien protégée par des moustiquaires ou qu'on ait prévu d'autres moyens de lutte contre les moustiques. Les filets traités sont beaucoup plus efficaces que les filets non traités comme outil de protection contre le paludisme et peuvent être utilisés sans risque par les enfants et les femmes enceintes. L'utilisation des filets de lit traités doit être combinée aux autres mesures de protection décrites ci-dessus. On peut se procurer de tels filets au Canada.

Antipaludéens (prophylaxie)
Les médicaments antipaludiques réduisent le risque de contracter le paludisme symptomatique, cependant, ils ne protègent pas entièrement contre la maladie. On recommande au voyageur de discuter avec son médecin ou son spécialiste de la médecine des voyages de ses besoins particuliers en ce qui a trait aux médicaments antipaludiques, 6 à 8 semaines avant le départ.

Il faut soupeser différents facteurs dans le choix d'un régime médicamenteux. Il faut examiner l'itinéraire en détail sous le rapport des risques connus de transmission de la maladie dans les régions visitées. Il faut aussi prendre en considération les activités (voyage dans des régions rurales, exposition nocturne, absence de moustiquaires). Pour déterminer le risque d'être atteint d'une forme particulièrement grave de la maladie en cas d'infection, il faut, enfin, tenir compte d'autres facteurs comme l'âge, l'état de santé général, la grossesse, une splénectomie antérieure (ablation de la rate), une maladie chronique.

Les voyageurs qui se rendent dans les régions urbaines et rurales de l'Afrique subsaharienne et de l'Océanie (y compris la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'Irian

Jaya, le Vanuatu et les îles Salomon) sont exposés à un risque plus élevé, alors que ceux qui se rendent dans les régions urbaines et rurales d'Haïti, de l'Inde, du Bangladesh, du Pakistan et du Népal (région de Terai) sont exposés à un risque plus faible. Le voyageur exposé le soir ou la nuit dans les régions rurales, non touristiques, du Sud-Est asiatique, de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud, ainsi que dans certaines parties du Mexique, de l'Afrique du Nord et de la République dominicaine, doit, dans la plupart des cas, prendre un antipaludéen.

Il existe plusieurs antipaludéens que votre médecin ou la clinique santé-voyages peut prescrire. Par ailleurs, comme tout autre médicament, les antipaludéens peuvent provoquer des effets secondaires et il faut en discuter avec le médecin. Il importe de noter que tous ces médicaments réduisent mais n'éliminent pas complètement le risque de contracter le paludisme.

En outre, certaines souches de Plasmodium multirésistantes sont maintenant répandues dans plusieurs régions du monde. La résistance de P. falciparum à la chloroquine, un antipaludéen, s'observe partout à l'exception des Antilles, de l'Amérique centrale (à l'ouest du canal de Panama) et dans certaines parties du Moyen-Orient.

Il faut absolument suivre les indications de votre médecin ou de la clinique santé-voyages afin de bénéficier de l'effet protecteur maximal des antipaludéens. Chaque médicament a son propre schéma posologique qui doit être strictement respecté. En raison de la période d'incubation de la maladie, ces médicaments doivent donc être pris avant et après le voyage.

Remarque importante
Si vous avez de la fièvre dans les 2 à 3 mois suivant le retour d'un voyage dans des régions impaludées, il est primordial de consulter immédiatement un médecin. Il faut l'informer que vous avez visité une région où sévit le paludisme afin qu'il puisse vous faire subir les tests nécessaires sans délai. Le paludisme peut être diagnostiqué au moyen d'un ou plusieurs frottis sanguins (une goutte épaisse) examinés au microscope.

En l'absence de traitements, le paludisme à P. falciparum peut être mortel. Presque tous les décès attribuables au paludisme chez les voyageurs sont causés par une infection à P. falciparum qui, dans la grande majorité des cas, a été contractée en Afrique subsaharienne.

Source:
Santé Canada


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