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Le paludisme (malaria) est une maladie grave, récurrente ou
chronique, causée par une des quatre espèces d'un parasite du
genre Plasmodium. Elle est généralement transmise à
l'homme par la piqûre d'un moustique anophèle femelle infecté.
Elle peut aussi, mais rarement, être transmise par transfusion
sanguine, par partage d'une seringue souillée ou par voie
placentaire, de la mère au fœtus. Le paludisme se manifeste par
de la fièvre et des symptômes semblables à ceux de la grippe :
maux de tête, nausées, vomissements, douleurs musculaires et
malaises. Les raideurs (rigidité musculaire spasmodique) et les
frissons sont également des manifestations fréquentes. Dans les
cas graves, l'infection grave peut provoquer une splénomégalie
(augmentation de volume de la rate) et la sensibilité du foie à
la palpation. Dans le cas du paludisme cérébral, qui s'attaque
au cerveau, les symptômes englobent un changement de
personnalité, la confusion, la léthargie et des convulsions.
En l'absence de traitement médical spécifique, les symptômes
peuvent durer d'une semaine à un mois, et même davantage, puis,
des accès de fièvre et
des frissons réapparaîtront pendant plusieurs mois, voire
plusieurs années.
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La gravité de la maladie dépend de l'espèce à laquelle
appartient le parasite responsable de l'infection. Des quatre
espèces qui peuvent provoquer la maladie (Plasmodium
falciparum, P. vivax, P. ovale et P. malariae), P.
falciparum est celle qui entraîne les problèmes les plus
graves. Le paludisme à P. falciparum peut causer des
convulsions, le coma, l'insuffisance rénale et l'insuffisance
respiratoire, et entraîne parfois la mort.La transmission du paludisme s'observe dans la plus grande
partie de l'Afrique subsaharienne, dans de vastes régions du
Moyen-Orient, du Sud et du Sud-Est asiatiques, de l'Océanie,
d'Haïti, d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud, ainsi que
certaines parties du Mexique, de l'Afrique du Nord et de la
République dominicaine.
Conseils généraux à l'intention des
voyageurs internationaux qui se rendent dans les régions
impaludées
Pour prévenir l'infection, il importe de prendre deux
précautions : éviter les piqûres de moustique et prendre un
médicament antipaludique.
Précautions individuelles contre les
moustiques
Les moustiques anophèles femelles sont actifs principalement
le soir et la nuit. Les personnes qui voyagent dans des régions
impaludées doivent prendre
des précautions contre les moustiques pour réduire les
risques de piqûre.
Toute mesure qui restreint l'exposition au moustique anophèle
femelle au cours de ses périodes d'activité (soir et nuit)
permet de réduire le risque de
contracter la maladie. Parmi ces mesures, mentionnons :
- demeurer dans des locaux bien protégés par des
moustiquaires ou entièrement fermés et climatisés;
- dormir sous un filet en mousseline;
- porter des vêtements qui limitent la surface de peau
exposée;
- enduire les parties du corps exposées d'un insectifuge.
On recommande d'utiliser de l'insectifuge dans les régions
impaludées. Les insectifuges contenant du N,N
diéthyl-méta-toluamide (DEET) sont les plus efficaces. La
concentration de DEET varie d'un produit à l'autre; les produits
plus concentrés protègent plus longtemps. Dans de rares cas,
l'application d'insectifuge contenant une forte concentration de
DEET (supérieure à 35 %) a été suivie de convulsions chez les
jeunes enfants. Il faut appliquer les produits contenant du DEET
avec modération et uniquement sur les parties du corps exposées;
de retour à l'intérieur, laver à l'eau les surfaces enduites.
Les produits contenant du DEET à 35 % offrent une protection de 4
à 6 heures et les produits à base de DEET à 95 % protègent 10
à 12 heures, ces derniers ne doivent pas être appliqués aux
bébés ni aux enfants. De nouvelles formulations à faible
concentration de DEET, qui protègent plus longtemps, sont
maintenant vendues au Canada.
On encourage fortement tous les voyageurs qui se rendent dans
des régions impaludées à dormir sous un filet de mousseline
imprégné de perméthrine, à moins que leur chambre ne soit
climatisée, bien protégée par des moustiquaires ou qu'on ait
prévu d'autres moyens de lutte contre les moustiques. Les filets
traités sont beaucoup plus efficaces que les filets non traités
comme outil de protection contre le paludisme et peuvent être
utilisés sans risque par les enfants et les femmes enceintes.
L'utilisation des filets de lit traités doit être combinée aux
autres mesures de protection décrites ci-dessus. On peut se
procurer de tels filets au Canada.
Antipaludéens (prophylaxie)
Les médicaments antipaludiques réduisent le risque de
contracter le paludisme symptomatique, cependant, ils ne
protègent pas entièrement contre la maladie. On recommande au
voyageur de discuter avec son médecin ou son spécialiste de la
médecine des voyages de ses besoins particuliers en ce qui a
trait aux médicaments antipaludiques, 6 à 8 semaines avant le
départ.
Il faut soupeser différents facteurs dans le choix d'un
régime médicamenteux. Il faut examiner l'itinéraire en détail
sous le rapport des risques connus de transmission de la maladie
dans les régions visitées. Il faut aussi prendre en
considération les activités (voyage dans des régions rurales,
exposition nocturne, absence de moustiquaires). Pour déterminer
le risque d'être atteint d'une forme particulièrement grave de
la maladie en cas d'infection, il faut, enfin, tenir compte
d'autres facteurs comme l'âge, l'état de santé général, la
grossesse, une splénectomie antérieure (ablation de la rate),
une maladie chronique.
Les voyageurs qui se rendent dans les régions urbaines et
rurales de l'Afrique subsaharienne et de l'Océanie (y compris la
Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'Irian
Jaya, le Vanuatu et les îles Salomon) sont exposés à un
risque plus élevé, alors que ceux qui se rendent dans les
régions urbaines et rurales d'Haïti, de l'Inde, du Bangladesh,
du Pakistan et du Népal (région de Terai) sont exposés à un
risque plus faible. Le voyageur exposé le soir ou la nuit dans
les régions rurales, non touristiques, du Sud-Est asiatique, de
l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud, ainsi que dans
certaines parties du Mexique, de l'Afrique du Nord et de la
République dominicaine, doit, dans la plupart des cas, prendre un
antipaludéen.
Il existe plusieurs antipaludéens que votre médecin ou la
clinique santé-voyages peut prescrire. Par ailleurs, comme tout
autre médicament, les antipaludéens peuvent provoquer des effets
secondaires et il faut en discuter avec le médecin. Il importe de
noter que tous ces médicaments réduisent mais n'éliminent pas
complètement le risque de contracter le paludisme.
En outre, certaines souches de Plasmodium
multirésistantes sont maintenant répandues dans plusieurs
régions du monde. La résistance de P. falciparum
à la chloroquine, un antipaludéen, s'observe partout à
l'exception des Antilles, de l'Amérique centrale (à l'ouest du
canal de Panama) et dans certaines