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Semaine du 17 avril 2000
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Arrêter de fumer: une question de sexe?

Les fumeuses seraient-elles plus «accros» à la cigarette que les fumeurs? Elles éprouvent en tout cas davantage de symptômes de privation que les hommes et ont plus de difficulté que les hommes à arrêter de fumer, conclut une recherche américaine récente.

Selon son principal auteur, Thomas Eissenberg, professeur et chercheur à l'Institut d'étude des drogues et alcools de l'Université de Virginie à Richmond, c'est la façon de fumer des femmes, différente de celle des hommes, qui serait en cause. On aurait pourtant pu croire le contraire : les fumeuses aspirent la fumée par petites bouffées répétées; cela pourrait en théorie suggérer qu'elles sont moins dépendantes à la nicotine que les hommes (leur façon de fumer est plus lente, plus «tranquille»). Or, ce n'est pas du tout ce que démontrent les recherches récentes : les femmes éprouvent un plus grand soulagement que les hommes après avoir fumé.

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Des résultats différents
L'hypothèse, dès lors, est la suivante : la dépendance féminine à la cigarette relèverait de bien d'autres facteurs que la nicotine. Encore faut-il le démontrer. C'est pourquoi 38 hommes et 30 femmes (un petit échantillon, qui ne permet pas de dégager des résultats généralisables) ont participé à cette recherche, au cours de laquelle on leur a demandé d'évaluer leur désir de fumer, leur état de manque et leurs symptômes de privation (par exemple, la nervosité et la difficulté de concentration). On a contrôlé de façon précise la consommation de tabac grâce à une machine qui mesurait la taille et la durée de chaque cigarette, ainsi que leur nombre et l'intervalle de temps s'écoulant entre chaque cigarette. On a également relevé les variations du rythme cardiaque, de la pression sanguine et de la température de la peau de chaque participant pendant l'expérience. Bref, on a essayé de ne rien laisser au hasard.

Après chaque cigarette, le désir de fumer diminuait de façon beaucoup plus marquée chez les femmes que chez les hommes. Quant aux symptômes de privation, ils présentaient la même variation, c'est-à-dire qu'ils connaissaient une baisse plus importante chez les femmes que dans le groupe masculin. Selon le Dr Eissenberg, cette différence pourrait avoir une importance capitale, dans le contexte des thérapies et produits anti-tabac qui se multiplient sur le marché. Si les femmes, dit-il, ont plus de difficulté que les hommes à arrêter de fumer, cela signifie que les traitements actuels devraient tenir compte de ces différences entre les sexes, en plus de tenir compte de facteurs de dépendance autres que la nicotine. Ce qu'ils ne font absolument pas, du moins pas pour l'instant.

Est-ce à dire que les gommes à mâcher et les timbres cutanés ne servent à rien? Pas tant que ça tout de même. Selon une autre étude récente, parue dans la revue Nicotine and Tobacco Research, timbres et gommes demeurent un bon point de départ pour tous les fumeurs désireux d'écraser. Mais ils ne permettent certainement pas de faire tout le chemin sans une volonté de fer. Cela dit, seules des recherches additionnelles permettront de déterminer l'impact des autres facteurs de dépendance à la cigarette (la crainte de gagner du poids, par exemple) et de développer des traitements et des programmes mieux adaptés aux besoins des fumeuses. Il est à peu près temps qu'on s'en rende compte!

Agence Science-Presse

Pour en savoir plus sur les femmes et le tabagisme, visitez le site d'Info-tabac et lisez Cesser de fumer et rester mince (2 parties).



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