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Les données québécoises sur la grossesse à l'adolescence, colligées par Mme Madeleine Rochon, démographe au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (1997), sont significatives sur l'étendue de ce phénomène. En voici les faits saillants :
- Le taux de grossesses a augmenté de 50 % depuis le début des années 1980. Cependant, depuis 1993, le taux de grossesse reste stationnaire;
- Malgré une diminution du taux de grossesses des moins de 18 ans pour les années 1994 et 1995, le taux de l'âge de 14 ans semble continuer sa progression;
- Chaque année, 2 % des jeunes filles de moins de 18 ans deviennent enceintes;
- Depuis le début des années 1980, la proportion des adolescentes qui deviennent enceintes avant d'avoir franchi leur 18e anniversaire est passée de 6 % à 8 %;
- Montréal-Centre et la Côte-Nord sont les régions du Québec qui présentent les plus forts taux de grossesses à l'adolescence, à l'exception des régions nordiques.
Dans la région de Montréal-Centre plus précisément, le taux de grossesses chez les jeunes filles de 14 à 17 ans est estimé à 28 par 1000 entre 1992 et 1993. Il s'agit d'un taux plus élevé que la moyenne québécoise qui était à 19,8 par 1000 pour la même période. Ce taux dépasse 90 par 1000 pour les filles âgées de 18 et 19 ans (Turmel, Remis 1997). Notons que plusieurs de ces grossesses se soldent par un avortement.
Bien que l'expérience de la maternité et de la paternité se vive généralement dans la joie, devenir parent, que ce soit à 17, 30 ou 40 ans, implique de nombreux changements dans une vie et demeure pour chacun un défi à relever. De par leurs conditions de vie qui ne sont pas toujours facilitantes, ce défi peut se révéler très grand pour les adolescents.
La grossesse à l'adolescence est souvent associée à une situation de crise et les risques de complications périnatales, psychologiques et sociales peuvent être sérieux. En termes de complications périnatales, on observe que l'accouchement représente plus de risques de complications obstétricales (dont un taux d'épisiotomie plus élevé), un risque plus marqué de donner naissance à un bébé prématuré ou de petit poids, un taux de mortalité périnatale plus élevé que chez les bébés des femmes en général. Aussi, on note, chez ces enfants, plus d'hospitalisations, plus de consultations médicales, plus de maladies psychosomatiques et il semble qu'il y ait plus de risques de retard de langage et de sous-stimulation (Charbonneau et al., 1987).
Concernant la santé psychologique de jeunes mères, on note qu'elles vivent davantage des sentiments de dépression, d'angoisse et de peur que les femmes en général. Ce grand changement dans leur vie provoque, chez plusieurs d'entre elles, un sentiment de solitude. La relation avec le partenaire se termine, dans la plupart des cas, par une rupture rapide laissant ainsi la jeune mère seule devant ses nouvelles responsabilités. D'autre part, comme celles-ci cessent de fréquenter l'école et leurs amies, elles se retrouvent souvent isolées (ibid.).
Lise Durocher
Les Centres jeunesse de Montréal

Martine Fortier
Direction de la santé publique de Montréal-Centre

Pour obtenir une copie intégrale du Programme d'éducation sexuelle, contactez la bibliothèque des Centres jeunesse de Montréal au (514) 896-3396.
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