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Santé des jeunes

Semaine du 8 janvier 2001
à lire aussi...

Déficit de l'attention et hyperactivité (4e partie)
Le rôle du psychologue

Pour lire la troisième partie du texte, cliquez ici.

Rôle de l'enseignant
Comme tout intervenant, l'enseignant doit comprendre le TDAH (trouble de déficit de l'attention/hyperactivité) dans son essence et connaître les interventions possibles, dont celle de la médication. De façon spécifique, il fournit des renseignements objectifs au professionnel de l'école (psychologue), aux parents et au médecin consulté, avant et pendant le traitement, et ce, autant de fois que nécessaire. Il observe attentivement les comportements de l'élève, note les antécédents et les conséquences de ceux-ci et, idéalement, leur fréquence. Il recueille le plus de données possible sur le travail scolaire. Il conserve les travaux (datés) et indique le temps requis pour les réaliser. S'il y a lieu, en cours de traitement, il note les effets secondaires du médicament et les modifications chez l'élève. Il vérifie si celui-ci reçoit la dose requise au bon moment, lui rappelant discrètement de la prendre s'il l'oublie. Ces observations sont utiles pour ajuster le dosage, les heures d'administration et l'efficacité du médicament.

Rôle du psychologue
Bien qu'il produise des effets positifs sur le plan de l'accroissement de l'attention et de la motricité excessive, le méthylphénidate (plus connu sous la marque de commerce «Ritalin») n'a aucun effet sur l'apprentissage, la socialisation, les processus cognitifs, la violence et les autres manifestations connues du TDAH. Il est très important de comprendre cette nuance, car c'est sur ce plan que le psychologue joue un rôle primordial.

Ce professionnel se trouve dans une position idéale pour coordonner des actions devant être mises en place afin d'aider le jeune à développer certaines habiletés, qui se trouvaient à un niveau très bas avant le début de la médication. En effet, le jeune qui consomme du Ritalin présente très souvent un retard sur le plan des apprentissages scolaires, un retard relevant directement du déficit attentionnel ou des différentes interventions faites, à l'école, pour minimiser l'effet de son comportement perturbateur sur le reste de son groupe (le retrait de la classe, par exemple). Souvent, le jeune n'a pas seulement manqué les explications ; il n'a pas assimilé les techniques. Elles lui avaient probablement été présentées lorsqu'il était plus jeune, mais comme il ne prenait pas de médication à ce moment, il n'en avait pas fait l'apprentissage.

Il y a lieu de s'interroger sur le nombre de techniques et de processus cognitifs qui ne sont pas assimilés au moment opportun et pour lesquels la médication ne peut que faciliter l'apprentissage. Nous devons être en mesure de favoriser des investigations de ces déficits, que nous les réalisions nous-mêmes ou que nous les confiions à des collègues d'autres disciplines.

Socialisation
Une fois calmé par la médication, le jeune est disponible pour l'apprentissage d'une série de nouveaux comportements mieux adaptés socialement. Il est alors moins impulsif, mais il présente toujours des comportements inappropriés. Il n'a pas un répertoire de comportements très large et souvent, les seuls modèles de réactions qui lui viennent à l'esprit dans des situations difficiles sont tout à fait inadéquats. Quand, depuis la petite enfance, nous réagissons à la frustration en criant et en frappant, nous n'avons pas nécessairement idée de ce que nous pourrions faire à la place.

Par ailleurs, le jeune en difficulté de comportement ou présentant un problème d'adaptation scolaire prend généralement beaucoup de place au sein de sa famille et l'attention sollicitée n'est pas toujours positive. Les familles ont développé des habitudes afin de minimiser l'impact de ces comportements déviants. Certains membres d'une famille deviendront plus sédentaires pour se protéger des crises potentielles du jeune en difficulté. Certains couples organiseront leur vie en fonction des conflits continuels attribuables aux difficultés d'encadrement de leur jeune. Certains conjoints s'isoleront ou laisseront la charge « d'élever » le jeune à l'autre parent. Ainsi, se retrouver avec un jeune moins perturbateur nécessite des ajustements susceptibles de créer des malaises. Dans certains cas, les réajustements nécessaires seront si insécurisants que nous assisterons à une forte résistance au changement au sein de la famille.

Cette résistance se manifeste souvent dans des cas de traitement d'autres difficultés comme l'alcoolisme ou la toxicomanie. L'idée que les parents et la famille font partie de la solution au problème du jeune prend toute son importance. Chacun doit faire le point sur ses résistances et sur les bienfaits qu'entraînent les changements dans la vie du jeune. La prise de conscience de ce phénomène aidera chacun à être plus disponible, à s'adapter et à soutenir le jeune en changement.

L'estime de soi
Il est utopique de penser que la médication peut transformer la perception que le jeune a de ses capacités, de ce qu'il est. En fait, plus souvent qu'à son tour, il a été confronté au fait qu'il n'était pas compétent, et ce, dans tous les aspects de sa vie. Que ce soit dans leurs relations avec leur famille, leurs pairs ou les adultes, à l'école ou ailleurs, les jeunes TDAH ont appris qu'ils ne fonctionnaient pas comme les autres. Souvent, nous dirons qu'ils sont insensibles. Or, les mécanismes de défense qu'ils ont développés s'avèrent la seule protection qui leur reste contre la dépression, voire le suicide.

Ainsi, la médication ne fait que favoriser l'apparition de comportements plus adaptés. Il reste à aider le jeune à prendre conscience que c'est lui, et non le médicament, qui produit ces comportements appropriés. À mesure qu'il reprend consciemment le contrôle de sa vie, il devient plus fier de lui.

Avec le début de la médication, le travail commence
Contrairement à ce qui semble la pratique la plus répandue, le moment où le jeune commence à moins déranger suite à la prise de médicaments ne doit pas marquer la fin du soutien qui lui est accordé. Au contraire, le suivi du psychologue aura alors un effet maximal, complémentaire à la prise de la médication. L'intervenant doit tenir compte de l'ensemble de l'environnement du jeune (familial et scolaire) et chercher à comprendre les difficultés que rencontre celui-ci dans toutes les facettes de sa vie.

Sources:
Syndrome ADHD : le traitement médicamenteux de Marius Morin M.A., psychologue à la Commission scolaire du Lac Mégantic. Publié dans le Bulletin de liaison de l'AQPS.

Article de Charles Robitaille, Ph. D., psychologue au Centre psychopédagogique de Québec et à la clinique des déficits de l'attention et de l'hyperactivité.

À lire aussi:
Déficit de l'attention et hyperactivité (1re partie) : comment reconnaître les symptômes?
Déficit de l'attention et hyperactivité (2e partie) : la médication suffit-elle?



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