
|
Le syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF) est un handicap permanent causé par l'exposition de l'embryon et du fœtus à l'alcool pendant la grossesse. Il se caractérise par:
1) Un ensemble d'anomalies faciales et physiques spécifiques, à savoir:
- une petite tête (microcéphalie);
- une petite ouverture des yeux, qui semblent pour cette raison espacés;
- une lèvre supérieure mince;
- l'absence de sillon (philtrum) entre le nez et la bouche;
- des malformations des organes internes ( reins, cœur, etc.), le cerveau étant celui qui est le plus touché, et d'autres parties du corps (palais, articulations, doigts et ongles...).
Publicité
Les caractéristiques faciales s'estompant avec la croissance, le SAF, en plus d'être permanent, devient un handicap invisible.
2) Des retards de développement physique avant et après la naissance (faible poids, taille réduite), et ce, même si l'apport nutritif est normal, ainsi qu'une faiblesse du système immunitaire.
3) Des dysfonctionnements du système nerveux central, notamment une diminution du quotient intellectuel, des retards de développement généralisés (marche, parole, propreté, mastication et déglutition), des problèmes d'apprentissage, un jugement déficient, une hypersensibilité sensorielle (sons, lumière, goût), des déficits de l'attention, etc. Avec le temps, des problèmes de comportement peuvent survenir (hyperactivité, opposition, persévération).
Un enfant peut avoir un visage normal, mais parce qu'il a été exposé à l'alcool pendant la grossesse, il présente des atteintes neurologiques qui causeront des problèmes similaires aux enfants ayant le syndrome (troubles d'apprentissage, déficits de l'attention, jugement altéré, etc.). On parle alors d'EAF, c'est-à-dire des effets de l'alcool sur le fœtus, plus difficiles à détecter que le SAF, ce qui rend la situation de ces enfants particulièrement tragique parce que l'intervention risque d'être tardive... donc moins efficace.
Historique
Les dangers de l'exposition prénatale à l'alcool sont connus depuis l'Antiquité. Toutefois, ce n'est que vers la fin du vingtième siècle que les chercheurs, européens puis américains, se sont véritablement intéressés à la question. Les premières recherches ont en effet commencé en Europe, et plus précisément en Angleterre et surtout en France. En 1968, le professeur français Paul Lemoine fut le premier à décrire les caractéristiques spécifiques des enfants affectés. Quelques années plus tard, en 1973, les chercheurs américains Smith et Jones reprennent les travaux de Lemoine et sont les premiers à donner un nom à ce syndrome, soit FAS (Fetal Alcohol Syndrome), remplaçant ainsi l'expression FLK («Funny Looking Kid»), utilisée jusque-là par défaut aux États-Unis. L'expression FAS fut d'abord traduite en français par «syndrome d'alcoolisme fœtal». Le pédiatre français Dehaene, aujourd'hui retraité, suggère plutôt l'appellation « syndrome d'alcoolisation fœtale » plus juste; en effet, le fœtus n'est pas alcoolique mais soumis à un processus d'alcoolisation. Depuis, les recherches n'ont jamais cessé tant aux États-Unis et au Canada anglais qu'en Europe.
Source:
© SAFERA
À lire aussi:
Les effets de l'alcool sur le fœtus
|