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Concept de dépendance sexuelle
Depuis quelques années, le concept de dépendance sexuelle a permis d'inclure l'hypersexualité dans la grande famille des dépendances, au même titre que l'alcoolisme ou le jeu pathologique. En psychiatrie clinique, on parle de dépendance lorsqu'une personne aliène sa liberté et organise son existence autour d'un produit ou d'un comportement. C'est le psychologue et chercheur américain Patrick Carnes qui a le premier étudié l'hyperactivité sexuelle en tant que dépendance vers la fin des années 1970. Ses recherches l'ont conduit à désigner une série de comportements qui peuvent révéler une dépendance sexuelle. Si certains de ces comportements sont déjà décrits dans le DSM-IV, d'autres ne relèvent pas du domaine des maladies mentales mais plutôt du domaine des dépendances.
- Idées obsédantes et masturbation compulsive à l'aide de fantasmes, de films, de revue, de lignes téléphoniques ou de sites Internet pornographiques, ou parfois même en utilisant certains objets non sexuels, comme des sous-vêtements.
- Recours fréquent aux services de prostitués (hommes, femmes ou travestis).
- Relations sexuelles anonymes avec de multiples partenaires.
- Aventures en série, même si la personne est déjà engagée dans une relation stable.
- Fréquentation assidue de bar de danseuses nues, de studios de massages érotiques ou de librairies pour adultes.
- Exhibitionnisme.
- Voyeurisme.
- Frotteurisme, c'est-à-dire propension à toucher la poitrine ou les organes génitaux d'une autre personne de manière à ce que la chose paraisse accidentelle, dans une foule par exemple.
- Pédophilie.
- Viol.
- Sadomasochisme.
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Quoique l'utilisation de jouets sexuels, le visionnement de films érotiques, voire l'échangisme et le
sadomasochisme puissent parfois faire partie d'une sexualité dite « normale », on parle de dépendance lorsque ces comportements sont dictés par des besoins irrépressibles, qu'ils sont répétitifs et qu'ils interfèrent avec les activités quotidiennes et les relations interpersonnelles de la personne qui en souffre. Contrairement aux hommes et aux femmes qui trouvent dans leurs multiples conquêtes un certain épanouissement, les victimes de dépendance sexuelle ont un rapport douloureux avec leur sexualité et se sentent engagées dans un engrenage dont elles ne peuvent plus sortir. Certains chercheurs ont même observé un effet d'accoutumance, tout comme chez les alcooliques ou les toxicomanes, qui oblige la personne à multiplier les relations sexuelles ou à s'engager dans une sexualité de plus en plus marginale.
1- Obsédé par le sexe ? et La sexualité vue comme une maladie
2- Paraphilies, troubles du contrôle des impulsions non spécifiés et troubles sexuels non spécifiés
3- Concept de dépendance sexuelle
4- Conséquences parfois dramatiques et traitement complexe
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