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Santé des hommes

Semaine du 12 juin 2006
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Père un jour, père toujours?

Paternité et rupture
Le divorce est sans doute le facteur qui fragilise le plus l'exercice de la paternité. Dans près de 70 % des cas, la garde exclusive des enfants est confiée à la mère. Ce qui signifie que la majorité des pères ne disposent souvent que de quelques jours par mois ou pendant les vacances pour créer des liens avec leurs enfants. Même lorsque le jugement accorde aux parents la garde partagée, la majorité des enfants demeurent principalement chez leur mère. La situation est encore plus accentuée lorsque les enfants ont moins de 5 ans. Malgré l'intérêt grandissant des tribunaux pour la garde partagée, on privilégie encore la garde exclusive par la mère, sous prétexte qu'elle est plus habilitée à materner les enfants et à leur assurer stabilité et sécurité. De plus, les pères s'avouent souvent un peu mal à l'aise lorsque les enfants ont moins de 5 ans. Les chiffres concernant le décrochage paternel sont éloquents : au Québec, selon Statistique Canada, 24 % des enfants ne rendent plus visite à leur père cinq ans après la séparation des parents, et pour 32 % d'entre eux, le contact avec le père est très occasionnel. On estime que 2 enfants sur 5 voient leur père de façon sporadique ou ne le voient pas du tout, soit parce que la relation avec l'ex-conjointe est orageuse, soit parce que le père a fondé une nouvelle famille. Enfin, près de 80 % des hommes séparés ne vivent pas avec leurs enfants d'un mariage antérieur. 

Instinct paternel et paternage
Les études portant sur le vécu des pères pendant la grossesse dressent un portrait très positif des futurs pères. L'observation des pères avant la naissance démontre qu'il existe bel et bien un instinct paternel et que plusieurs processus psycho-affectifs amènent l'homme à s'approprier l'enfant. Après la naissance, les choses se compliquent. Pour bien des hommes, comme pour beaucoup de femmes, la première enfance est un domaine réservé à la mère, bien que les recherches aient démontré depuis longtemps que le père était tout aussi capable de paternage que la mère. La question n'est pas de l'ordre du sentiment. Elle se situe plutôt au niveau du partage équitable des responsabilités parentales, ce qui implique un partage des tâches familiales et du temps consacré aux besoins de l'enfant. À ce titre, beaucoup de chemin reste à faire, autant du côté des hommes que du côté des femmes. La société participe parfois directement à maintenir les hommes dans l'ombre des responsabilités familiales. Lorsque la garderie, l'école ou la clinique appellent au sujet des enfants, on demande systématiquement à parler à la mère en assumant qu'elle est le parent principal. La conciliation travail famille semble aussi être une pierre d'achoppement à la paternité. L'aménagement des horaires en fonction des obligations parentales, le manque de garderies en milieu de travail et les congés parentaux sont encore loin de faciliter la tâche aux pères. La garde exclusive des enfants accordée à la mère de façon presque automatique en cas de séparation ou de divorce demeure cependant l'enjeu principal des groupes de pères qui réclament haut et fort la présomption de garde partagée par les tribunaux. Tous ces facteurs peuvent expliquer le timide engagement des pères. La question est tellement préoccupante que le ministère de la Famille et de l'Enfance du gouvernement du Québec a même publié une brochure intitulée « Être père, la belle aventure » afin de valoriser le rôle du père et de promouvoir son engagement parental. Il ne reste qu'à souhaiter que la paternité regagne ses lettres de noblesse et se redéfinisse dans un rôle à part entière, autant au niveau de la famille qu'aux yeux de la société. Et que tous les pères, pas seulement quelques-uns, connaissent le bonheur de constater dans les yeux de leurs enfants que, oui, ils sont importants.

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Marie-Christine Tremblay


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1- Père un jour, père toujours? et l'égalité parentale
2- Paternité, rupture, instinct paternel et paternage



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