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À partir de 50 ans, pas moins d'un homme sur deux éprouve des problèmes de prostate. C'est que l'organe grossit, un phénomène hormonal normal qu'on attribue à la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), quoiqu'on n'en soit pas tout à fait certain. Parce la prostate entoure une partie de l'urètre à la façon d'un beigne, on comprend qu'en grossissant elle affecte la miction en comprimant la «tuyauterie» urinaire. Les porteurs de prostate grossissante n'éprouvent pas tous de symptômes. Certains (de un sur trois à un sur deux) auront toutefois besoin d'un traitement chirurgical, pharmaceutique ou naturel, qui vise surtout à améliorer leur qualité de vie.
Qu'est-ce qui doit vous mettre sur la piste de l'hyperplasie? Exclusivement des symptômes urinaires: débit urinaire faible, besoin de faire un effort pour commencer à uriner, miction intermittente, sensation de ne pas avoir vidé complètement sa vessie, sensation de retard ou d'hésitation au début de la miction, augmentation de la fréquence des mictions, enfin besoin de se lever la nuit pour uriner. Notons qu'un homme atteint de cancer éprouverait des symptômes légèrement différents, tels que décrits par la
Société canadienne du cancer: mictions fréquentes, difficiles et douloureuses, sang dans l'urine, éjaculations douloureuses, douleurs inexpliquées dans le bas du dos, dans la région du bassin ou dans le haut des cuisses, enfin perte du contrôle urinaire.
Évidemment, si vous en éprouvez quelques-uns, il est sage d'en parler au médecin, qui dispose d'une batterie de tests simples pour distinguer hyperplasie et cancer.
Si vous commencez une hyperplasie, voici des trucs de départ pour amoindrir les symptômes: éviter les liquides le soir, surtout thé, café et alcool, reconnus pour donner envie, vider complètement sa vessie, éviter les longues heures sans uriner, éviter les médicaments affectant la vessie, dont quelques décongestionnants, tranquillisants, antihistaminiques, antispasmodiques et antidépresseurs.
Prochaine étape, en cas d'échec, les médicaments. Si la glande reste somme toute encore petite, le médecin optera pour des alpha-bloqueurs (Cardura, Hytrin, Flomax), lesquels décompriment l'urètre en relaxant les tissus musculaires de la prostate. Ils fonctionnent vite et bien, maintiennent la vie sexuelle mais réduisent parfois la tension artérielle, quoique dans une moindre mesure pour le Flomax.
Pour les prostates plutôt grosses, on aura recours au finastéride (Proscar), un médicament capable de réduire le volume de la glande en bloquant la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone. Quoique sans effet secondaire sur la tension artérielle, cet agent fait parfois baisser l'érection et le volume de l'éjaculat. C'est un médicament à prendre à vie, qui commence à soulager six mois après le début du traitement.
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Guy Sabourin
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