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Semaine du 7 août 2006
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Mieux comprendre les jumeaux
Mieux comprendre les jumeaux Enceinte, vous passez tout bonnement l'échographie de routine. Il y a des jumeaux dans votre famille et vous vous demandez si vous en aurez à votre tour. Bien que le nombre de grossesses gémellaires ait augmenté au Québec entre 1974 et 1990, elles demeurent assez rares, soit une pour une centaine d'accouchements. L'hérédité joue un rôle certain. Vous aurez plus sûrement des jumeaux s'il y en a dans votre famille et dans celle de votre conjoint. La conception d'un petit à un âge plus avancé et la prise de médicaments pour l'infertilité contribuent au risque de grossesse gémellaire.

Chaque année, dans la moitié de ces grossesses, un des deux fœtus s'élimine naturellement au cours des trois premiers mois. Dans la plupart des cas, la mère mène à terme la grossesse du dernier jumeau. C'est à compter de l'échographie (réalisée à la 14e ou 15e semaine de grossesse) que les jumeaux deviennent potentiellement viables. Les faux jumeaux représentent environ 75 % des naissances gémellaires et, de ce nombre, les bessons de sexe opposé en forment les deux tiers. Ces faux jumeaux, appelés dizygotes («di» signifie deux et «zygotes» signifie œuf) naissent précisément d'une ovulation multiple. Le capital génétique de chaque jumeau est distinct parce que deux ovules sont fécondés par des spermatozoïdes distincts. Ils peuvent être conçus lors d'une même relation sexuelle ou à deux occasions différentes, mais toujours pendant le même cycle menstruel. Ces jumeaux peuvent être de sexe différent et ne pas se ressembler du tout. Les faux jumeaux naissent généralement de mère ayant déjà eu des enfants.

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Les vrais jumeaux (dits jumeaux identiques) se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Pour cette raison, ils exercent une fascination constante sur leur entourage, donnant lieu à de multiples intrigues leur vie durant. Ils naissent d'un seul ovule fécondé par un spermatozoïde. Il peut y avoir division de l'œuf lorsque celui-ci se divise en deux cellules et chacune d'elles va se développer en un embryon complet. Ce phénomène naturel plutôt impressionnant se nomme la polyembryonie. Ces jumeaux ont un capital génétique semblable, le même groupe sanguin, le même sexe, et, d'après les scientistes, ils se ressemblent dans leurs aptitudes intellectuelles et leurs tempéraments. Lors de l'échographie, l'unicité ou la multiplicité placentaire dépend simplement du moment où la division de l'œuf s'est produite et, à ce stade, on ne peut véritablement distinguer les vrais des faux jumeaux. Par exemple, des placentas très proches au point de se confondre peuvent donner une fausse impression de jumeaux identiques. On devra attendre les analyses de groupe et sous-groupe sanguins pour déterminer avec certitude de quel type de jumeaux il s'agit.

«Dégémelliser»: une question vitale!
L'identité et l'autonomie d'un enfant se développent à force d'expériences personnelles positives. Une trop grande interdépendance entre jumeaux représente un danger. L'autosuffisance qu'ils établissent naturellement entre eux peut devenir un obstacle à une saine distanciation. Le plus timide des deux aura tendance à développer une dépendance affective face à l'autre. Il attend que l'autre fasse ses expériences pour le suivre, ce qui peut nuire à son développement. Être vigilant, créer des conditions favorables à l'éclosion de la personnalité de chacun sont autant de façons d'assurer le développement de leur autonomie.

Malgré un effort pour développer leur autonomie, les jumeaux resteront très complices. Inutile de demander qui a fait le coup. Aucun délateur ne s'avancera pour trahir le coupable. Ils poussent parfois l'affaire jusqu'à préférer être punis pour la bévue de l'autre plutôt que de le voir souffrir. Parce qu'ils se connaissent si bien, les jumeaux peuvent être parfois aussi complices que compétitifs. Ils partagent leurs parents, leurs possessions, leur intimité, et ce, parfois contre leur gré. L'attention et la tendresse des parents et des autres membres de la famille demeurent la cause principale de la jalousie entre jumeaux. Le partage des jouets arrive bon deuxième. Ces manifestations deviennent plus fréquentes vers l'âge de deux ans. Ces situations n'ont rien de tellement différent des réactions entre frères et sœurs «rapprochés». Le hic tient au fait que les deux ont le même âge et souvent le même niveau de maturité et les mêmes besoins. Il ne faut pas oublier que l'enfant doit arriver non seulement à se distancer de sa mère mais aussi de son «alter ego».

- Choisir des noms différents, sans assonance commune, renforce le sentiment d'unicité.
- S'adresser aux bébés individuellement, inverser les noms lorsqu'on parle, éviter d'en faire une entité (ex. : Marie et Louise, Louise et Marie).
- Prendre le temps occasionnellement de les faire manger séparément, partager une activité avec l'un et l'autre contribue à former leur identité.
- Leur donner accès à un miroir où ils pourront percevoir de petits détails distinctifs qui échappent aux adultes. Les inciter à poser des choix eux-mêmes, même s'ils choisissent le même article ou vêtement. Vivre avec des jumeaux, c'est d'abord une question de gros bon sens et d'amour.

L'association de parents de jumeaux et de triplés de la région de Montréal permet aux parents de sortir de l'isolement. Lieu de rencontre privilégié, celle-ci a vu le jour en réponse aux besoins de soutien affectif et physique des parents de jumeaux et de triplés. Grâce à ses bénévoles, l'association produit le magazine mensuel Jumello, dont l'approche pratique fait sa popularité. Du reportage aux petites annonces en passant par une marraine d'allaitement, chacun y trouve son compte. Les CLSC diffèrent les uns des autres; leurs ressources diversifiées permettent parfois d'offrir les services d'une auxiliaire familiale selon les besoins et les ressources de la famille.


Source:
Suzanne Boivin
Publié la première fois dans le magazine Junior en septembre 1998
En collaboration avec PetitMonde


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