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S. V. Vous disiez tout à l'heure que l'histoire
personnelle des individus vient parfois teinter la relation de couple.
L. Denis. En effet, à la difficulté d'accepter l'autre tel qu'il est
s'ajoute parfois une méconnaissance de soi. Les blessures du jeune âge ont des
répercussions sur nos choix amoureux et sur notre manière de percevoir le
conjoint. La thérapie de couple peut susciter une prise de conscience de ces
blessures. Le gros du travail s'effectuera ensuite en thérapie individuelle.
Vient souvent un moment, dans la vie, où on a le sentiment de ne plus pouvoir
progresser sans aide. Une personne qui souffre de sa relation de couple a
intérêt à consulter, seule ou avec l'autre. Le processus thérapeutique favorise
la prise de conscience des attentes et des façons de nous comporter qui peuvent
teinter la relation. Cette prise de conscience permet d'amener un peu d'oxygène
dans la relation et facilite le dialogue avec l'autre.
S. V. Le cabinet du spécialiste est donc un lieu neutre qui favorise une
meilleure compréhension de l'autre et de soi-même?
L. Denis. Tout à fait. À la maison, on peut se laisser emporter par le feu
de la discussion et prendre un ton accusateur sans même s'en rendre compte. En
présence d'une tierce personne, dans un contexte différent du milieu de vie
quotidien, il est plus facile de parler sans agressivité, sans accuser l'autre
ni le culpabiliser. Il s'agit de s'ouvrir à l'autre, de décrire comment on se
sent, ce qu'on aime et ce qu'on n'aime pas, ce qu'on attend, ce dont on a
souffert quand on était enfant et qui nous fait souffrir encore, et ce que, par
conséquent, on projette souvent sur l'autre. Le fait de voir que le partenaire
souffre favorise une certaine ouverture du coeur.
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S. V. Que faire si l'un des conjoints refuse d'entamer la démarche?
L. Denis. On peut essayer de le convaincre en lui disant par exemple: « Ça
me ferait tellement plaisir si tu venais… Ne crois-tu pas que cela pourrait nous
aider? » Il ne faut surtout pas l'accuser ou le culpabiliser. Mais il ne sert à
rien d'obliger quelqu'un à consulter si tel n'est pas son désir. On peut très
bien faire un bout de chemin en solo et en tirer un profit qui permettra
d'assainir la relation de couple, ou d'y mettre un terme le cas échéant. Je
pense que les gens auraient intérêt à considérer la relation conjugale comme une
possibilité de progresser vers plus d'ouverture, de respect et d'amour mutuel,
et non pas uniquement comme une source d'amour inépuisable. Pour profiter du
processus thérapeutique, il faut accepter de ressentir et de s'ouvrir, que la
thérapie soit entreprise en solo ou en duo.
Par Denyse Perreault
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1- Comment la thérapie de couple fonctionne-t-elle?
/ Qui consulte?
2- Pourquoi vient-on voir un thérapeute?
3- Histoire personnelle, lieu neutre et
refus de participer
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