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Ce qui rend le cybersexe accrocheur
La psychologue Kimberley S. Young, qui étudie la cyberdépendance sexuelle depuis 1995, a élaboré un modèle à partir duquel on peut expliquer l'engouement pour le cybersexe. Le
ACE Model of Cybersexual Addiction (Anonymity, Convenience, Escape) explique comment Internet a contribué à cette nouvelle tendance qui ne cesse de s'étendre.
- L'anonymat permet à certaines personnes de réaliser des fantasmes et
d'éviter l'embarras de se procurer du matériel pornographique. L'utilisateur a
l'impression d'avoir, plus que dans la vie réelle, le contrôle sur ses relations
sexuelles. On peut changer de partenaires à son gré, sans s'inquiéter ni des
préliminaires ni des adieux. L'anonymat que procure Internet permet à quiconque
de satisfaire sa curiosité sur des sujets auxquels on n'aurait pas autrement
accès, comme la bisexualité ou le sadomasochisme et tout ça, d'une façon
sécuritaire. D'autre part, l'anonymat peut aussi encourager les comportements
déviants. Peu à peu, on s'habitue à certaines images et on recherche des
stimulations plus grandes. Certaines personnes en viennent à franchir des
frontières qu'ils n'auraient pas autrement outrepassées. Les comportements
sexuels peuvent alors devenir inhabituels ou carrément illégaux.
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- La commodité du cybersexe, qui procure un accès immédiat aux sites à caractère sexuel, est aussi un élément qui peut mener à la compulsion. La prolifération des sites pornographiques encourage certaines personnes à explorer des comportements qui peuvent en même temps les choquer et les stimuler sexuellement. Les personnes les plus vulnérables semblent être celles qui ont une pauvre estime de soi et une perception négative de leur image corporelle, celles qui souffrent d'une dysfonction sexuelle ou d'une dépendance sexuelle non traitée. Les personnes dont les besoins sexuels ne sont pas comblés, qui ont grandi dans des familles qui réprimaient la sexualité et qui souffrent d'autres dépendances sont également plus à risque.
- L'évasion que procure le cybersexe ne provient pas seulement de la gratification sexuelle apportée par l'expérience. Certaines études ont démontré que si la stimulation sexuelle est la première raison de fréquentation des sites pornographiques, peu à peu, l'expérience procure un « high » semblable à celui que procure certaines drogues. En libérant les tensions, ce sentiment d'évasion mentale et émotionnelle sert parfois à renforcer un comportement compulsif.
Êtes-vous à risque?
Kimberley S. Young a mis au point un questionnaire permettant d'évaluer la dépendance au cybersexe.
Si vous trouvez que vous passez trop de temps à fréquenter des sites à caractère sexuel, vous avez déjà franchi un bon pas. Avec ces quelques précautions, vous pourriez contourner le problème:
- Limitez les heures que vous passez sur Internet.
- Faites le ménage de votre ordinateur. Effacez tous les fichiers, les courriels ou les liens à caractère sexuel.
- Débranchez les équipements vidéo et rangez-les.
- Installez un logiciel qui vous interdit l'accès à des sites érotiques ou pornographiques.
- Placez votre ordinateur dans un endroit fréquenté de la maison où vous ne risquez pas de vous retrouver seul.
- Joignez-vous à un groupe d'entraide, comme les Dépendants affectifs et sexuels anonymes (DASA), tél. : (514) 983-0671 ou les
Sexoliques anonyme, tél. : (514) 254-8181.
- Consultez un thérapeute. Ils sont de plus en plus nombreux à pouvoir intervenir dans le domaine particulier de la cyberdépendance sexuelle.
Marie-Christine Tremblay
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2- Ce qui rend le cybersexe accrocheur ; êtes-vous à risque?
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